Editorial de février 2009
Honneur à Amenhotep Ier et sa mère Nofrétari
Ce sont donc à deux figures marquantes de l’histoire de Kemet, que les fêtes du mois de février rendent hommage. Premiers souverains de XVIII éme dynastie, ils inaugurent le retour d’une période de paix et de prospérité. Ils fondent également des institutions remarquables de l’histoire de Kemet comme le village d’artisans de Deir el-Medineh et la fonction de « Divine épouse d’Amon ».
Amenhotep Ier, dont le nom signifie « Amon est en Paix (ou satisfait) », est le fils cadet d’Ahmosis et de la reine Ahmès-Néfertary. Il est le deuxième souverain de la XVIIIe dynastie (Nouvel Empire). Il succède à son père Ahmosis ( »Né de Iah ») fondateur de la XVIII et qui mit fin à la période de troubles causé par l’invasion des Hyksos. Il est le père de Touthmosis Ier. Après sa mort, Amenhotep Ier avec sa mère Ahmès-Néfertary furent divinisés et étaient l’objet d’un culte populaire, avec consultations oraculaires. Dans le calendrier khémite contemporain de Ta Noutri, c’est le 26 février et durant 4 jours, qu’un hommage leur sera rendu. Un culte leur était particulièrement rendu sur la rive ouest de Thèbes, et plus précisément à Deir el-Médineh, le village des artisans. En effet, Amenhotep Ier est considéré comme le constructeur du village, ainsi que sa mère la grande reine Ahmès-Néfertari.
Ahmès-Néfertari est une des figures féminines dominantes de l’histoire de Kemet. Elle est issue de la famille régnante qui libéra l’Egypte des envahisseurs Hyksos. Au cours du règne de son époux, elle reçoit le titre de » Second Prophète d’Amon » qui n’avait jamais été attribué à une femme, même d’origine royale. En l’an 18 (ou 22) du règne d’Ahmosis, elle renonce à ce titre pour prendre celui de » Divine Epouse d’Amon « . Elle est la première à le porter et inaugure donc cette fonction. Elle devient ainsi l’intermédiaire privilégiée auprès d’Amon. Cette nomination est assortie d’une dotation en terres et en personnel, qui lui permet d’entretenir l’institution religieuse et économique qu’elle fonde. A la mort de son époux, elle devient régente de son fils Amenhotep Ier. Elle joue un rôle important dans différents domaines soit en initiant certains projets, soit en collaborant avec son fils. C’est le cas notamment pour le village d’artisans de Deir el-Médineh. Soucieux de remettre de l’ordre dans la nécropole des pharaons de Thèbes, elle se lance avec son fils dans l’aménagement de la Vallée des Rois. Cette réalisation nécessite un personnel qualifié et abouti à la création d’un groupe d’artisans, « les ouvriers de la tombe », qui s’installèrent dans le village de Deir el-Medineh appelé en langue khémite « Set Maât her imenty Ouaset » (La place de Maât ou la Place de vérité). Il n’est pas étonnant par conséquent que les ouvriers de ce village vénèrent la reine comme une divinité protectrice. Elle est représentée sur de nombreuses stèles et dans les chapelles de nobles thébains.
Senebty